L’autruche sort la tête du sable

Des mois que je ne suis pas venue par ici, des mois que je fais l’autruche, que je ne donne pas de nouvelles et que je n’en prends pas non plus…

Alors, avant toute chose, je voulais m’excuser de vous avoir laissé tomber comme ça, vous qui avez été si importantes tout au long de ce parcours. J’ai pensé à vous, souvent, j’ai voulu écrire mais, comme d’habitude, j’ai laissé passer les jours puis les semaines sans jamais prendre le temps.

Pourtant, il s’en est passé des choses depuis mon dernier article…

Quelques jours après la première échographie, les 2 petits coeurs qui clignotent et la vague de bonheur, dame nature s’est rappelée une première fois à notre bon souvenir. Mon père a été hospitalisé en urgences, nous avons découvert qu’il avait un cancer, qu’il fallait qu’il soit opéré et traité rapidement. Ce premier choc encaissé, dame nature a dû pensé que ce n’était pas encore suffisant comme piqûre de rappel et a donc décidé de se manifester à nouveau. Un soir de mai, alors que tout allait bien, je me suis aperçue en allant aux toilettes que j’avais des saignements importants. J’ai tout de suite pensé que le scénario de l’année précédente se reproduisait. On est donc parti aux urgences, persuadés que je faisais à nouveau une fausse-couche. Le trajet et l’attente jusqu’à l’examen ont été juste horribles. Finalement, dame nature sait aussi, semble-t-il, se montrer farceuse et prendre un malin plaisir à jouer avec nos nerfs puisque finalement, il s’est avéré que les saignements n’annonçaient pas forcément une fausse-couche mais étaient causés par un hématome. Après une semaine de repos tout est rentré dans l’ordre.

Après l’échographie du 1er trimestre, on a soufflé un peu…les risques de fausse-couche étant désormais beaucoup moins important et les différents examens réalisés jusque là tous bons. On a donc pu profiter pleinement de l’été, annoncer la bonne nouvelle et enfin commencer à s’autoriser à y croire. Malgré tout, chaque matin, en se réveillant on était surpris que tout aille bien et que les 2 petites brioches continuent à pousser tranquillement, sans encombre. On se sentait juste chanceux et tellement heureux de vivre tout ça. En somme, ce fut un très bel été, une sorte de parenthèse enchantée…

La rentrée a été plus compliquée. Fin août, nous avions rendez-vous pour l’écho du 2ème trimestre. C’est à ce moment-là que dame nature s’est rappelé que ça faisait un peu trop longtemps qu’elle nous avait laissé tranquille. Lors de cet écho nous avons appris qu’une des 2 brioches présentait un retard de croissance assez important pour que ce soit inquiétant. Nous avons donc dû prendre rendez-vous au service de diagnostique anté-natal (rien que le nom, ça fait rêver…) pour des examens plus poussés et j’ai été arrêté pour essayer de favoriser la croissance de ma pitchounette. Pas de rentrée pour moi donc cette année. Malheureusement, le repos n’a pas vraiment aidé et le retard de croissance a bien été confirmé. On nous a alors expliqué qu’étant donné que ce retard était précoce, harmonieux et important il était inquiétant. Bien sûr, cela pouvait être simplement une des conséquences de la grossesse gémellaire puisque c’est une des complications fréquemment rencontrées mais cela pouvait également être dû à un problème chromosomique ou génétique beaucoup plus important et grave. Si on voulait en avoir le coeur net, une seule solution : l’amniocentèse. Autant dire, que le coup de massue a été violent.

Le médecin qui nous a reçu, nous a donc expliqué en quoi consistait cet acte exactement, les risques et ce que cela pouvait nous apporter. Il nous a dit qu’on n’était pas pressé, qu’on pouvait prendre le temps de digérer touts ces informations et de réfléchir à ce qu’on voulait faire. Quoiqu’il en soit, je serais de toute façon désormais suivie dans ce service tous les 15 jours pour vérifier l’évolution de la croissance. En effet, un retard de croissance augmente significativement les risques de mort in utero et de détresse du foetus touché. Les échos permettent de vérifier que le bébé continue de grossir, même s’il est très en-dessous des courbes habituelles. Si ce n’est plus le cas, alors il faut le faire sortir pour qu’il ait une chance de survivre.

Deux semaines plus tard, la pitchounette avait pris du poids et avait une très bonne vitalité mais l’écart entre les 2 avait encore augmenté. L’équipe a donc décidé de renforcer le suivi. J’ai gagné un monitoring et un contrôle doppler toutes les semaines en plus de l’écho de croissance. Et de notre côté, nous avons décidé de faire l’amniocentèse.

Nous avons donc fait un véritable retour en fanfare dans le monde médicalisé. Etiquettes, angoisse des résultats, secrétariats saturés, nouveau vocabulaire (RCIU, DAN, monitoring, doppler, BIP, mesure du fémur, prématurité, réa néonat…), nouvelles compétences (je sais désormais de quelles mesures on se sert pour estimer le poids d’un foetus, je reconnais les organes vus à l’écho, je parle en percentile, je connais les différents stades de la prématurité…) et je passe presque autant de temps à l’hôpital que chez moi. L’avantage c’est que je vois mes filles beaucoup plus souvent que le commun des mortels (et que je ne m’en lasse pas, je fonds à chaque fois…) et que, contrairement aux examens de la PMA, on n’est pas obligé de se foutre à poil à tout bout de champs. C’est toujours ça de pris !

Aujourd’hui, je suis à 29 SA ce qui signifie qu’on a passé un cap important au niveau de la prématurité. Si je devais accoucher maintenant, les risques de séquelles seraient beaucoup moins important. Nous avons fait l’amniocentèse il y a 2 semaines et nous attendons les résultats. L’examen en lui même ne me faisait pas peur…après tout, ce n’était qu’une aiguille de plus enfoncée dans mon ventre ! Par contre, c’est plus difficile d’attendre les résultats et de se préparer à toutes les éventualités, même les pires. Cela dit, je reste étonnamment assez sereine. J’ai confiance en mes 2 belles brioches venues du froid. Elles sont costauds…n’importe qui ne survit pas à une décongélation après un séjour sans un bain d’azote ! Et puis, les contrôles de la semaine dernière étaient rassurants. La pitchounette est toujours bien en-dessous des courbes mais elle continue à grandir tranquillement. Et puis, comme si elles sentaient que j’ai besoin d’être rassurée, ces demoiselles s’en donnent à coeur joie et gigotent énormément. Je me dis qu’elles n’ont pas l’air si mal dans cet utérus qui a été si longtemps hostile.

L’objectif maintenant, c’est de les garder au chaud le plus longtemps possible. On nous a dit que si on arrivait à 34 sa ce serait vraiment très bien. Elles seront quand même hospitalisées mais ce sera beaucoup moins lourd et plus rapide. On doit donc tout de même se préparer à l’idée de rentrer chez nous sans nos filles…et ça fait partie des choses difficiles à entendre.

Voilà, le combat n’est pas fini. Chaque jour qui passe est un jour de gagné. Bien sûr on a peur et certains moments ont été difficiles mais malgré tout, je me sens chanceuse, sereine et heureuse. Sentir ces 2 petits êtres grandir en moi, voir mon monsieur tchou leur parler et s’émerveiller devant ce ventre qui bouge…c’est juste magique.

J’espère que ces mots, n’heurteront personne. Je pense très fort à vous, qui êtes encore sur ce foutu quai, en attente, en transit ou en route vers d’autres destinations.

Je vous embrasse bien fort et je vous envoie tout un lot de réconfort, de tendresse et d’espoir parce qu’un peu de douceur dans ce monde de brutes ne peut certainement pas faire de mal…

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Haut les coeurs

Il y a un an, on apprenait dans une salle toute moche, au fin fond d’un couloir du sous-sol de la pma que l’embryon qui s’était accroché quelques semaines plus tôt avait cessé d’évoluer. S’en sont suivis, une fausse couche, des mois difficiles, 3 TEC négatifs, une nouvelle ponction, et finalement un TEC positif il y a quelques semaines.

Après la vague de bonheur et d’espoir qui nous a emporté aux vues des jolis taux, l’angoisse a vite pris le dessus. Tellement peur de revivre la même chose, tellement habitués aux échecs…

Ce matin, le niveau de stress explosait donc des records et si je ne m’étais pas répété en boucle « l’échec n’est pas la norme – respire – l’échec n’est pas la norme – respire » (merci Charlie ❤ ) il est quasiment certains que j’aurais implosé !

Même salle d’attente, même sage-femme et même salle d’écho qu’il y a un an. Tout remonte d’un coup, ma gorge se serre et la boule d’angoisse n’a jamais autant pesé sur mon estomac. J’ai envie de vomir. Heureusement mon monsieur Tchou, est là et même s’il tremble autant que moi, il me tient la main ce qui me réconforte un peu.

La sonde est en place. On voit une première poche, avec un embryon à l’intérieur. Puis une deuxième, avec un embryon également. La sage-femme dit que l’on va se concentrer sur chacune des poches pour faire les mesures et voir s’il y a une activité cardiaque. A ce moment-là, je crois que mon coeur à moi est remonté directement dans ma gorge. Elle zoome sur la première poche, on voit quelque chose qui clignote puis le son d’un coeur qui bat. Je regarde mon monsieur tchou, il a le plus beau sourire de la terre et les yeux plein de larmes. On n’a pas besoin de parler, on se serre juste un peu plus fort la main. Enfin, on passe à la deuxième poche. Elle zoome. Petit coeur qui clignote et de nouveau le son d’un coeur qui bat. Je n’en reviens pas. C’est fou. C’est beau. C’est génial.

Je ne vous raconte pas mon efficacité au boulot cette après-midi. Je flottais à 12km au-dessus de tout le monde. Ce soir, je me sens complètement lessivée mais on est heureux. Bien sûr, on sait que la route est encore longue et qu’on n’est loin d’être à l’abri mais on sait aussi qu’une nouvelle belle étape a été franchie aujourd’hui. Et pour la première fois depuis longtemps, on a le coeur léger…

Ce soir, j’ai une pensée particulière pour vous toutes, vous qui avez toujours été présentes et qui m’avez apporté un soutien si précieux. Vous m’avez donné de la force et du courage. Vous êtes tellement importantes. Merci pour tout ✨❤✨

Parce que parfois rien ne semble avoir changé et pourtant le résultat est différent…

…vous aviez raison et vous avez bien fait de me le rappeler, même si à ce moment-là je n’étais pas vraiment prête à l’entendre.

Il y a 2 semaines on m’a transféré 2 jolis j3. J’ai fait ma première prise de sang aujourd’hui.

 640

 C’est le taux que m’a annoncé la secrétaire au téléphone. J’ai dû lui faire répéter plusieurs fois avant de l’intégrer.

Voilà, une belle marche de franchie. On sait qu’absolument rien n’est gagné mais ce soir on est heureux.

Merci pour votre soutien si précieux et désolée de n’avoir pas été presente ces 2 dernières semaines. Je ne vous ai pas lues mais j’ai pensé à vous chaque jour ❤ Vous êtes tellement importantes…

Certains font des bébés sous la couette, d’autres prennent rdv chez le psy…

Chaque été, nous partons en vacances en bande. Au départ la majorité d’entre nous était célibataires et sans enfant. On enchaînait les soirées, on se levait à pas d’heure et entre 2 apéros on profitait pour visiter ou faire de belles balades. Maintenant, le rythme est un peu différent mais chacun s’y retrouve et on est toujours aussi heureux d’être tous ensemble le temps des vacances. On profite les uns des autres, on prend le temps, on vit dehors, on refait le monde, on fait des apéros sans fin, on rigole, les enfants s’éclatent ensemble…la belle vie quoi !

Parmi ces amis :

  • un couple est infertile. L’origine de leur infertilité est différente de la notre mais on se suit depuis le début…même pour la fausse couche on a été presque synchro. Ils viennent de commencer un protocole de stimulation.
  • un couple vient de nous annoncer qu’ils allaient essayer de faire un premier enfant
  • les 2 couples qui ont déjà un enfant nous ont également appris il y a quelques temps qu’ils étaient prêts à faire un deuxième.

On ne pouvait donc que s’attendre à une annonce…je m’y prépare depuis plusieurs semaines. Par conséquent, je n’ai pas été surprise d’apprendre d’abord samedi puis lundi que 2 de mes copines avaient fait un test et qu’ils étaient positifs. Jusque là tout va bien.

Puis, je me suis projetée cet été. J’ai imaginé que d’ici là mes 2 autres amies m’aurait sûrement annoncé que pour elles aussi ça avait marché. Je me suis vue, au milieu de toutes mes copines enceintes et épanouies, le ventre désespérément vide. Et je me suis dit que je ne le supporterai pas. J’ai pleuré. Beaucoup.

Alors, pour la première fois, j’ai réalisé que tout ça était trop lourd à porter pour moi et que j’avais besoin d’aide. Même si je suis bien entourée, même si mon monsieur tchou est là, même si au final tout ça n’est pas si grave et qu’il faut relativiser…j’ai le droit de me sentir mal et d’avoir besoin de me décharger un peu. Je dois prendre soin de moi et arrêter de vouloir que tout aille toujours bien. Il faut que je m’autorise à me laisser un peu porter, à lâcher prise et à accepter que les autres soient là pour moi.

Je me suis donc enfin décidé à appeler la psy de la pma. Et comme j’étais lancée, je me suis dit que ce serait bête de s’arrêter en si bon chemin alors j’ai aussi téléphoné à une kinésiologue que m’avait conseillée une copine. J’ai donc rendez-vous le 16 mai avec la psy et aujourd’hui avec la kinésio. Et je dois dire que je suis plutôt fière de moi ! (C’est assez rare pour être souligné 😉)

Et sinon, depuis samedi, le gonal a fait sa grande réapparition dans notre frigo et la petite poubelle dans notre salon. Hier, a eu lieu mon premier contrôle écho. Tout à l’air de se passer correctement. On ovitrelle ce soir et on transfère la semaine prochaine. Je suis contente d’être à nouveau dans l’action et je me sens plutôt sereine, d’autant plus que nous sommes en vacances et que le beau soleil de ces derniers jours redonne la pêche. J’ai donc envie de prendre les choses les unes après les autres et ne pas laisser la pma tout envahir encore une fois.

De toute façon je ne me fait guère d’illusions quant à l’issue de ce énième transfert…après tout pourquoi cette fois ce serait différent puisque rien n’a changé?

Nouvelles perspectives

Après la tristesse, l’incrédulité, le désespoir, le découragement et la colère voici venu le temps des rires et des chants du retour de l’espoir.
Il faut dire que les quelques rayons de soleil et un excellent week-end à deux en bord de mer ont bien aidé à retrouver un peu d’optimisme et l’envie d’avancer.

On a finalement décidé de transférer les embryons qu’il nous reste même si les réponses apportées lors du rdv bilan ne nous satisfont pas. Aux vues des précédentes tentatives on ne se fait guère d’illusions quant à l’issue de ces transferts mais on a envie d’aller au bout de ce chapitre avec notre centre. Au moins la boucle sera bouclée. Et puis qui sait, sur un malentendu…

En parallèle, on a pris rendez vous avec la fameuse Hope. Première disponibilité le 4 juillet. C’est loin, mais avec les tec à venir on aura de quoi s’occuper en attendant…

L’idée étant la suivante : soit un miracle se produit d’ici là (sainte gertrude c’est à ce moment là que ton entrée en scène serait la bienvenue…) soit on espère un malentendu (un embryon qui réussirait à s’accrocher à mon utérus hostile) soit on clôt le chapitre fiv 2 et on confie notre rêve au regard expert de hope (hypothèse la plus vraissemblable).

Dans ce cas, une pause s’imposera. Comme l’année dernière on a choisi de profiter de l’été sans pma. On a plusieurs événements importants sur cette période et on n’a pas envie que la pma prenne, comme trop souvent, toute la place.L’été c’est notre bulle de douceur. Cinq semaines de dolce vita. C’est vital, ça participe à notre équilibre et on n’est pas prêt à sacrifier cette parenthèse enchantée.

En fait, pour la première fois depuis plusieurs mois on peut se projeter au delà de quelques jours. On a un plan. Bien incertain, c’est vrai, mais peu importe. Il a au moins le mérite d’exister. Ce n’est pas grand chose mais ça fait un bien fou.

Brèves d’école 2

La scène se déroule ce matin, dans ma classe, au coin bibliothèque. Deux élèves se disputent un livre. Suite à d’âpres négociations l’une d’elle finit par céder et laisse le livre à lautre puis vient me voir.


Nupel, 4 ans, haute comme 3 pommes : «Tu sais maîtresse, même si j’ai dû laisser le livre à Sarah je suis très heureuse dans ma vie!»

Moi, moitié étonnée, moitié amusée : «Tu as bien raison! Ça aurait été dommage de se gâcher la vie pour une histoire de livre…surtout qu’il y en a pleeeeein d’autres tout aussi bien et que celui-là sera toujours là demain»

Nupel, avec un air de vieux sage : «Et puis, en plus, tu sais, même si on peut pas avoir toujours ce qu’on veut tout de suite ça sert à rien de bouder…la vie est belle maîtresse!»
Ça m’a fait sourire un lundi matin alors j’ai eu envie de le partager avec vous 😊

Les transferts se suivent et les échecs se ressemblent

Ce n’est pas encore officiel puisque ce matin j’ai oublié de prendre mon ordonnance pour la prise de sang mais vu l’arrivée en fanfare de j1 pendant la nuit le doute quant à l’issue de cette nouvelle tentative n’est même pas permis.

On y a cru, encore. On s’est pris une grande claque, encore. Et ce soir on pue la tristesse.

Samedi mon monsieur Tchou aura 35 ans. Déjà. On a prévu de fêter ça avec les copains. Un petit îlot de douceur dans cet océan de chagrin…même si pour l’instant le cœur n’y est vraiment pas.

Enfin, heureusement, on a 4 beaux blastos au congel…ah ben non, c’est vrai, on a fait la ponction un lundi ! Quelle idée ! Mais bon, on a quand même 4 j3 qui semblent de qualité…ou pas. C’est peu dire que pour le moment on y croit pas du tout mais sûrement que quand on aura repris un peu de force l’espoir se repointera, comme d’habitude. En attendant, on regarde une fois de plus le train s’éloigner…et il fait drôlement froid sur ce quai.