Haut les coeurs

Il y a un an, on apprenait dans une salle toute moche, au fin fond d’un couloir du sous-sol de la pma que l’embryon qui s’était accroché quelques semaines plus tôt avait cessé d’évoluer. S’en sont suivis, une fausse couche, des mois difficiles, 3 TEC négatifs, une nouvelle ponction, et finalement un TEC positif il y a quelques semaines.

Après la vague de bonheur et d’espoir qui nous a emporté aux vues des jolis taux, l’angoisse a vite pris le dessus. Tellement peur de revivre la même chose, tellement habitués aux échecs…

Ce matin, le niveau de stress explosait donc des records et si je ne m’étais pas répété en boucle « l’échec n’est pas la norme – respire – l’échec n’est pas la norme – respire » (merci Charlie ❤ ) il est quasiment certains que j’aurais implosé !

Même salle d’attente, même sage-femme et même salle d’écho qu’il y a un an. Tout remonte d’un coup, ma gorge se serre et la boule d’angoisse n’a jamais autant pesé sur mon estomac. J’ai envie de vomir. Heureusement mon monsieur Tchou, est là et même s’il tremble autant que moi, il me tient la main ce qui me réconforte un peu.

La sonde est en place. On voit une première poche, avec un embryon à l’intérieur. Puis une deuxième, avec un embryon également. La sage-femme dit que l’on va se concentrer sur chacune des poches pour faire les mesures et voir s’il y a une activité cardiaque. A ce moment-là, je crois que mon coeur à moi est remonté directement dans ma gorge. Elle zoome sur la première poche, on voit quelque chose qui clignote puis le son d’un coeur qui bat. Je regarde mon monsieur tchou, il a le plus beau sourire de la terre et les yeux plein de larmes. On n’a pas besoin de parler, on se serre juste un peu plus fort la main. Enfin, on passe à la deuxième poche. Elle zoome. Petit coeur qui clignote et de nouveau le son d’un coeur qui bat. Je n’en reviens pas. C’est fou. C’est beau. C’est génial.

Je ne vous raconte pas mon efficacité au boulot cette après-midi. Je flottais à 12km au-dessus de tout le monde. Ce soir, je me sens complètement lessivée mais on est heureux. Bien sûr, on sait que la route est encore longue et qu’on n’est loin d’être à l’abri mais on sait aussi qu’une nouvelle belle étape a été franchie aujourd’hui. Et pour la première fois depuis longtemps, on a le coeur léger…

Ce soir, j’ai une pensée particulière pour vous toutes, vous qui avez toujours été présentes et qui m’avez apporté un soutien si précieux. Vous m’avez donné de la force et du courage. Vous êtes tellement importantes. Merci pour tout ✨❤✨

Parce que parfois rien ne semble avoir changé et pourtant le résultat est différent…

…vous aviez raison et vous avez bien fait de me le rappeler, même si à ce moment-là je n’étais pas vraiment prête à l’entendre.

Il y a 2 semaines on m’a transféré 2 jolis j3. J’ai fait ma première prise de sang aujourd’hui.

 640

 C’est le taux que m’a annoncé la secrétaire au téléphone. J’ai dû lui faire répéter plusieurs fois avant de l’intégrer.

Voilà, une belle marche de franchie. On sait qu’absolument rien n’est gagné mais ce soir on est heureux.

Merci pour votre soutien si précieux et désolée de n’avoir pas été presente ces 2 dernières semaines. Je ne vous ai pas lues mais j’ai pensé à vous chaque jour ❤ Vous êtes tellement importantes…

Certains font des bébés sous la couette, d’autres prennent rdv chez le psy…

Chaque été, nous partons en vacances en bande. Au départ la majorité d’entre nous était célibataires et sans enfant. On enchaînait les soirées, on se levait à pas d’heure et entre 2 apéros on profitait pour visiter ou faire de belles balades. Maintenant, le rythme est un peu différent mais chacun s’y retrouve et on est toujours aussi heureux d’être tous ensemble le temps des vacances. On profite les uns des autres, on prend le temps, on vit dehors, on refait le monde, on fait des apéros sans fin, on rigole, les enfants s’éclatent ensemble…la belle vie quoi !

Parmi ces amis :

  • un couple est infertile. L’origine de leur infertilité est différente de la notre mais on se suit depuis le début…même pour la fausse couche on a été presque synchro. Ils viennent de commencer un protocole de stimulation.
  • un couple vient de nous annoncer qu’ils allaient essayer de faire un premier enfant
  • les 2 couples qui ont déjà un enfant nous ont également appris il y a quelques temps qu’ils étaient prêts à faire un deuxième.

On ne pouvait donc que s’attendre à une annonce…je m’y prépare depuis plusieurs semaines. Par conséquent, je n’ai pas été surprise d’apprendre d’abord samedi puis lundi que 2 de mes copines avaient fait un test et qu’ils étaient positifs. Jusque là tout va bien.

Puis, je me suis projetée cet été. J’ai imaginé que d’ici là mes 2 autres amies m’aurait sûrement annoncé que pour elles aussi ça avait marché. Je me suis vue, au milieu de toutes mes copines enceintes et épanouies, le ventre désespérément vide. Et je me suis dit que je ne le supporterai pas. J’ai pleuré. Beaucoup.

Alors, pour la première fois, j’ai réalisé que tout ça était trop lourd à porter pour moi et que j’avais besoin d’aide. Même si je suis bien entourée, même si mon monsieur tchou est là, même si au final tout ça n’est pas si grave et qu’il faut relativiser…j’ai le droit de me sentir mal et d’avoir besoin de me décharger un peu. Je dois prendre soin de moi et arrêter de vouloir que tout aille toujours bien. Il faut que je m’autorise à me laisser un peu porter, à lâcher prise et à accepter que les autres soient là pour moi.

Je me suis donc enfin décidé à appeler la psy de la pma. Et comme j’étais lancée, je me suis dit que ce serait bête de s’arrêter en si bon chemin alors j’ai aussi téléphoné à une kinésiologue que m’avait conseillée une copine. J’ai donc rendez-vous le 16 mai avec la psy et aujourd’hui avec la kinésio. Et je dois dire que je suis plutôt fière de moi ! (C’est assez rare pour être souligné 😉)

Et sinon, depuis samedi, le gonal a fait sa grande réapparition dans notre frigo et la petite poubelle dans notre salon. Hier, a eu lieu mon premier contrôle écho. Tout à l’air de se passer correctement. On ovitrelle ce soir et on transfère la semaine prochaine. Je suis contente d’être à nouveau dans l’action et je me sens plutôt sereine, d’autant plus que nous sommes en vacances et que le beau soleil de ces derniers jours redonne la pêche. J’ai donc envie de prendre les choses les unes après les autres et ne pas laisser la pma tout envahir encore une fois.

De toute façon je ne me fait guère d’illusions quant à l’issue de ce énième transfert…après tout pourquoi cette fois ce serait différent puisque rien n’a changé?

Nouvelles perspectives

Après la tristesse, l’incrédulité, le désespoir, le découragement et la colère voici venu le temps des rires et des chants du retour de l’espoir.
Il faut dire que les quelques rayons de soleil et un excellent week-end à deux en bord de mer ont bien aidé à retrouver un peu d’optimisme et l’envie d’avancer.

On a finalement décidé de transférer les embryons qu’il nous reste même si les réponses apportées lors du rdv bilan ne nous satisfont pas. Aux vues des précédentes tentatives on ne se fait guère d’illusions quant à l’issue de ces transferts mais on a envie d’aller au bout de ce chapitre avec notre centre. Au moins la boucle sera bouclée. Et puis qui sait, sur un malentendu…

En parallèle, on a pris rendez vous avec la fameuse Hope. Première disponibilité le 4 juillet. C’est loin, mais avec les tec à venir on aura de quoi s’occuper en attendant…

L’idée étant la suivante : soit un miracle se produit d’ici là (sainte gertrude c’est à ce moment là que ton entrée en scène serait la bienvenue…) soit on espère un malentendu (un embryon qui réussirait à s’accrocher à mon utérus hostile) soit on clôt le chapitre fiv 2 et on confie notre rêve au regard expert de hope (hypothèse la plus vraissemblable).

Dans ce cas, une pause s’imposera. Comme l’année dernière on a choisi de profiter de l’été sans pma. On a plusieurs événements importants sur cette période et on n’a pas envie que la pma prenne, comme trop souvent, toute la place.L’été c’est notre bulle de douceur. Cinq semaines de dolce vita. C’est vital, ça participe à notre équilibre et on n’est pas prêt à sacrifier cette parenthèse enchantée.

En fait, pour la première fois depuis plusieurs mois on peut se projeter au delà de quelques jours. On a un plan. Bien incertain, c’est vrai, mais peu importe. Il a au moins le mérite d’exister. Ce n’est pas grand chose mais ça fait un bien fou.

Brèves d’école 2

La scène se déroule ce matin, dans ma classe, au coin bibliothèque. Deux élèves se disputent un livre. Suite à d’âpres négociations l’une d’elle finit par céder et laisse le livre à lautre puis vient me voir.


Nupel, 4 ans, haute comme 3 pommes : «Tu sais maîtresse, même si j’ai dû laisser le livre à Sarah je suis très heureuse dans ma vie!»

Moi, moitié étonnée, moitié amusée : «Tu as bien raison! Ça aurait été dommage de se gâcher la vie pour une histoire de livre…surtout qu’il y en a pleeeeein d’autres tout aussi bien et que celui-là sera toujours là demain»

Nupel, avec un air de vieux sage : «Et puis, en plus, tu sais, même si on peut pas avoir toujours ce qu’on veut tout de suite ça sert à rien de bouder…la vie est belle maîtresse!»
Ça m’a fait sourire un lundi matin alors j’ai eu envie de le partager avec vous 😊

Les transferts se suivent et les échecs se ressemblent

Ce n’est pas encore officiel puisque ce matin j’ai oublié de prendre mon ordonnance pour la prise de sang mais vu l’arrivée en fanfare de j1 pendant la nuit le doute quant à l’issue de cette nouvelle tentative n’est même pas permis.

On y a cru, encore. On s’est pris une grande claque, encore. Et ce soir on pue la tristesse.

Samedi mon monsieur Tchou aura 35 ans. Déjà. On a prévu de fêter ça avec les copains. Un petit îlot de douceur dans cet océan de chagrin…même si pour l’instant le cœur n’y est vraiment pas.

Enfin, heureusement, on a 4 beaux blastos au congel…ah ben non, c’est vrai, on a fait la ponction un lundi ! Quelle idée ! Mais bon, on a quand même 4 j3 qui semblent de qualité…ou pas. C’est peu dire que pour le moment on y croit pas du tout mais sûrement que quand on aura repris un peu de force l’espoir se repointera, comme d’habitude. En attendant, on regarde une fois de plus le train s’éloigner…et il fait drôlement froid sur ce quai. 

On ne congèle pas le samedi…suite et fin

Je ne vais pas faire durer plus longtemps l’insoutenable suspense…la biologiste de garde n’a  visiblement pas été convaincue par le plaidoyer de sa collègue. Nos embryons ont été congelés hier. On a donc 4 beaux j3 au frais. 

En cas d’échec (ou d’envie de donner des petits frères et/ou soeurs aux 2 qui vont s’accrocher cette fois) nous auront donc la possibilité de faire des tecs. Chouette me direz vous. Effectivement, cette perspective devrait être réjouissante…si les 4 derniers tecs de j3 ne s’étaient pas soldés par un résultat négatif.

Cette histoire me laisse un goût amer. Je ne peux pas comprendre que les problèmes d’organisation, de personnel et de fonctionnement nous empêchent de bénéficier des meilleures options et de maximiser nos chances. 

J’ai aussi beaucoup de mal à comprendre qu’on nous explique tout ça comme si c’était quelque chose de parfaitement logique et normal.

Enfin…j’imagine quils font ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont mais tout ça nous laisse vraiment perplexe et surtout très déçus.

Sinon, tout va bien. Comme d’habitude la pression qui redescend a créé quelques tensions chez nous. C’est peut-être bizarre mais en général on gère très bien les moments de stress et c’est seulement une fois que la tempête est passé et le calme revenu que ça devient plus compliqué pour nous. J’imagine que c’est notre façon d’évacuer tout ce qui a été accumulé. C’est un peu surprenant au début mais maintenant on le gère beaucoup mieux. Ce n’est pas le moment le plus agréable mais, pour nous, c’est une étape nécessaire pour relâcher et repartir à nouveau apaisé et serein. 

Après une journée d’hier riche en prise de becs donc, il semblerait qu’en ce dernier jour de vacances on ait retrouvé notre harmonie. On va pouvoir profiter de ce weekend bien rempli et faire le plein de bonnes choses avant de reprendre notre petit tour de montagnes russes.